A la fois peintre, dessinateur et graveur, Denis Pouppeville porte un regard sarcastique et amusé sur le théâtre de la vie. La dérision et la tendresse règnent dans cet univers insolite traversé de lueurs crépusculaires où rôdent des personnages masqués énigmatiques, à mi-chemin entre l’homme et la bête.
Denis Pouppeville met en scène une humanité baignée de clair-obscur, à la fois attendrissante, drôle et pitoyable. Ses personnages, solitaires ou en cortège, sont à la fois fantastiques et familiers, drôles et effrayants. Ils envahissent l’espace où les techniques fusent en un heureux mélange d’huile, de gouache, d’encre de Chine, de mine de plomb et parfois même de gravure. « En ce moment, je monte la couleur » explique t’il. Ses toutes dernières créations, d’inspiration carnavalesque s’accompagnent du surgissement de la couleur. Un rouge sang, un bleu outremer viennent dès lors relever les teintes sourdes tant aimées, variant du gris au noir, enveloppant les figures et leur conférant cette atmosphère crépusculaire si caractéristique, entre « chien et loup », débouchant sur des compositions plus aérées qu’auparavant.
Son univers imaginaire demeure, baigné d’une atmosphère inquiétante. Denis Pouppeville estime que « le grotesque nous sort de la réalité pesante ». La mise en scène l’enchante et la jubilation est pour lui essentielle, même s’il aime que le tragique apparaisse. Son style intemporel s’inscrit dans la filiation des Grands Maîtres : de Rembrandt à Daumier, de Rouault à Ensor ; il s’est senti transpercé par « cet art là » et le revendique dans son oeuvre.