
Sculpteur autodidacte, Haude Bernabé nous livre dans le bois et le métal la richesse de son univers poétique et nous invite au voyage à travers sa mythologie personnelle.
« Surgi des profondeurs : ce sont les mots qui viennent à l’esprit face aux sculptures de Haude Bernabé.
Pourquoi le métal plutôt que la terre, tellement plus ductile ?
« Parce que j’aime travailler avec quelque chose qui résiste » répond Haude Bernabé.
Ce goût de transformer et de maîtriser un matériau rebelle par la magie antique du feu pour obtenir cet objet définitif aussi singulier et personnel qu’un croquis surgi de l’Inconscient d’un poète en proie à la rêverie fait mûrir l’exigence de l’artiste. Elle gagne en grâce et en expression, allant vers davantage de liberté et de lyrisme. Ses personnages ont des attitudes, expriment des sentiments, symbolisent des émotions. Parallèlement va croissante la richesse des contrastes de surface, rouille, patines, rugosités, pigments colorés (rouge, blanc), « chiffonades » métalliques, formes tourmentées de plus en plus élancées qu’elle enrôle dans son projet dont elle utilise les hasards au service du côté intuitif et vagabond de son inspiration.
« La sculpture, je la fais pour les autres. Je suis trop pudique pour m’adresser à eux par des mots » avoue Haude Bernabé.
Il y a du bouillonnement dans ce besoin créatif, un besoin qui passe par l’Inconscient comme dans les fonds marins, la lave incandescente sculptée sans délai par les eaux profondes dans lesquelles elle surgit. Mystère des origines de la création, présence de l’œuvre qui fait surface. »
Xavier BUREAU |