Surgi des profondeurs.
Ce sentiment domine lorsqu’on est face aux œuvres de Joanna FLATAU. L’artiste suit son instinct. Il l’entraîne dans des régions fantasques qui n’appartiennent qu’à elle, même si elles doivent sans doute un peu à l’imaginaire de sa Pologne natale. La plume, le fusain, le pinceau font surgir tout un peuple qui fixe le spectateur de ses regards étonnés, rêveurs, souriants ou anxieux.
A quel mouvement apparenter le graphisme si caractéristique de Joanna Flatau ?
A aucun. Sa démarche relève d’une sorte d’expressionnisme spontané, originel, hors école, qui exacerbe formes et couleurs sans système apparent. Le trait rejette l’effet, la trop grande assurance, le lissé, le prévisible, tout ce qui peut ressembler à une maîtrise installée. C’est ce qu’il a su garder de tremblement et d’improvisation qui capte magiquement la vibration du personnage, sa chaleur humaine, la vérité du sentiment qu’il inspire.
La force de Joanna FLATAU réside dans la souveraineté de l’instinct et du flair auxquels elle abandonne sa main, préférée à la loi trop confortable d’un savoir-faire de bon ton qui bride l’imagination et dicte un discours attendu. Se lancer, sans autre préparation qu’un inconditionnel amour du dessin et une sorte d’intelligence du cœur, dans l’imprévu et la trouvaille. C’est en prenant ce risque, vital et délicieux, c’est à ce prix qu’on atteint à l’authenticité savoureuse qui caractérise la moindre de ses productions.
Quelques portraits d’hommes ou couples d’amoureux mis à part, les femmes sont prépondérantes, « ensorcelées » oblige.« Grandes rieuses » aux dents blanches, femmes aux yeux bleus ou ingénument nues en proie à une crise d’érotisme enfantin, la femme apparaît sous l’aspect d’un être fantasque, gai, étonné, ravi, manifestement plus ouvert à la diversité des sollicitations de la vie que son triste comparse, l’homme vêtu de gris.