Louise Narbo

Corps et feuillets

La série "Corps et feuillets" met en correspondance le corps avec la page de papier sur laquelle on écrit quelques mots. Surface sensible de la peau comme une feuille où s’écrit une histoire. Carnets entrouverts et troublants comme un corps nu, abandonné au regard. Louise Narbo rassemble ainsi les outils qu'elle choisit pour avoir une image. En somme, elle se construit avec quelques prothèses : les mots et les photos.

Les voyages de la nuit

Il ne me reste de l’enfance qu’un souvenir d’ennui, une grande vacuité.
Très jeune, je fuguais quelquefois, mais j’ai compris qu’on me retrouverait toujours. Je me terrais alors dans le creux d’une chambre ou à sa fenêtre,
guettant le moindre événement qui pourrait me distraire. Je convoquais aussi les rêves de la nuit, car leur beauté m’impressionnait.

J’ai essayé de capter quelques images de ces rêves récurrents.
Parfois, des pensées émergent dans le sommeil. Des mots comme des bulles éclatent à la surface de la conscience. Photographier pour tenter de revoir, dans la nuit du labo, ces paysages improbables, cette fantaisie. Tenter de retrouver, les yeux ouverts, ces scènes de la vie intérieure.

Cette série se situe après un travail ou le texte était extérieur à la photographie. Avec « Les voyages de la nuit », les mots rentrent dans l’image. Ils s’y logent, insaisissables comme le souvenir. L’image est vacillante. Des formes se superposent, se condensent, jouent en miroir.

Site officiel de Louise Narbo