
« Je souhaite créer un univers ; comme Dieu, moi aussi je me sens seul ».
« Mon œuvre se nourrit de faits sociaux, c’est un jeu constant avec ce qui arrive, une interaction qui déplace et retourne les choses avec la seule intention de tenter de s’en rapprocher à partir d’un point où je puisse, dans la mesure du possible, les comprendre ».
Sergio MOSCONA
La galerie Claire Corcia présente l'oeuvre du jeune artiste argentin Sergio Moscona, âgé de 31 ans, aujourd'hui considéré comme l'une des figures montantes de l'art contemporain européen et mondial.
Depuis 2001, cet artiste prodige ne cesse d'être exposé. Qu'il s'agisse de Paris "Les Cirques de Moscona" à la Galerie Maître Albert ou « El Guernica » au Mans, à Metz, ou à Londres.
Son travail a déjà fait l'objet de plusieurs acquisitions dans différents musées au Brésil, au Paraguay, en Uruguay, au Mexique et aux Etats-Unis.
Les tableaux de Moscona sont toujours « habités » dit le critique d'art Manuel Mauer et il poursuit " Mais qu'est-ce qui occupe les espaces ? Qui vit sur ces terres ? ".
La Galerie Claire Corcia présente des dessins et des peintures INEDITES qui occuperont les cimaises de ce lieu si atypique qu'est le 323 RUE SAINT MARTIN.
Doué d’une étonnante force de travail, ce nouveau Picasso dresse une fresque épique de la dictature militaire qui a sévi en Argentine entre 1976 et 1983. Baigné dès son enfance dans ce climat hostile, Sergio MOSCONA fait de ces évènements traumatiques le cœur de sa production artistique. La violence de la junte militaire hante son œuvre fertile, prolifique, surabondante, posant sans cesse la question de l’inhumanité. A la manière d’un PICASSO réalisant « Guernica », Sergio MOSCONA rend hommage à cet illustre pair… C’est une réussite !
Sergio MOSCONA traite avec pudeur et retenue l’indicible. Les visages grimaçants de douleur et d’émotion nous transportent loin de ce que l’on peut imaginer. Comment matérialiser l’intolérable ? Comment lui donner un visage humain ? C’est avec brio et délicatesse que le trait vif et acéré de l’artiste nous conte cette histoire dramatiquement humaine.
L’exposition « INSOLENTE REALITE » offre une vision protéiforme du travail de Sergio MOSCONA à travers un ensemble important de peintures à l’acrylique, collages, dessins aquarellés ou exclusivement à la mine de plomb spécialement créés pour cet évènement parisien.
Sergio MOSCONA nous livre sa vision du chaos. L’artiste inquiet s’interroge sur ses contemporains et les observent, tout en se glissant dans la peau du « chat » qui s’immisce dans chacune des œuvres de cette série inédite, entièrement réalisée en 2010. Témoin paisible et passif, tel un intrus au milieu des hommes, il apparaît tel un acteur involontaire et se trouve confronté à l’étrange, à l’irrationnel, voire à la folie des situations humaines.
Collections privées et publiques : Musées d’Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Mexique, Angleterre, France, Italie, Equateur et Etats-Unis
Expositions Individuelles :
2001 “Pecados, vicios y virtudes” Galería Hoy en el arte, Bs. As,
Argentine(C)
2002 Expotrastiendas - Galería Hoy en el arte, Bs. As, Argentine(C)
2003 “Devolviendo la mirada” Centro Cultural Citibank, Paraguay(C)
Galería González Guzmán, Equateur
2004 “Construcciones” Palaise de Glace, Bs. As, Argentine(C)
2005 La Agonía de los que Quedan” Espacio A.M.I.A, Bs. As, Argentine(C)
“SOLD OUT” + “Se busca Mecenas” Galería Federico Thowpya, Bs. As
Argentine(C)
“PARESIMPARES” Galería Consorcio de Arte, Bs. As, Argentine(C)
2006 “Nuestros Nombres” Centro Cultural de la Cooperación, Bs. As,
Argentine(C)
“Mal Apadrinados” Galería Encuentro, Bs. As, Argentine(C).
“Les cirques de Moscona” Galería I´smerys, Paris, France
2007 Plus Le Mans - Galería I´smerys, France
2007 “El Guernica de Moscona” FLACSO, Quito, Equateur (C)
Galerie Maitre Albert, Paris, France
2008 Exposición en la Galería Hoy en el arte, Pinamar, Argentine
Galería Mailletz, Paris, France
Plus Le Mans - Galería I´smerys, France
“Ein Kritischer Geist aus Argentinien” Kunstladen 101, Hamburg,
Allemagne(C).
“La Maison du General” Centro Cultural Valert-Larbaud, Vichy,
France
2009 Galería Mailletz, Paris, France
Centro Cultural Recoleta, Buenos Aires, Argentine
2010 Château de Courcelles, Metz, France
Le Frise - Gronoble, France
Invité d’Honneur à la Triennale mondiale de l’Estampe, Chamelie,
France
2011 “Insolente réalité”, Galerie Claire Corcia, Paris
2011 " BENDITA DESCONFIANZA " Galerie Claire Corcia, Paris
Principales Expositions Collectives :
2003 Arte BA - Galería Hoy en el arte, Bs. As, Argentine (C)
“Manifestaciones sobre el Malestar Latinoamericano” Centro Cultural
Metropolitano, Quito, Equateur (C)
“Arte Contemporáneo Argentino”, Galería Madeleine Hollander,
Equateur (C)
2004 Expotrastiendas - Galería Hoy en el arte, Bs. As, Argentine
“Doce Dibujantes entre líneas” Galería Consorcio de Arte, Bs. As,
Argentine
2005 “ARGENTNA, forma y color” Galería ITALARTE, Rome, Italie. (C)
“ARGENTNA, forma y color” Galería ITALARTE, Rome, Italie.
2006 “INTERACCION” Galería I´smerys, Paris, France.
“ARGENTNA, forma y color” Palacio Venecia, Milan, Italie
“La Memoria” Palaise de Glace, Museos provinciales de Argentina y
Casa de las Américas, Madrid, Espagne (C)
2006-2007 Muestra “La Palabra” Museos provinciales de Argentine. (C)
2007 Invitado de Honor al Salón Mariano Aguilera, CC Metropolitano,
Quito, Equateur (C)
2008 Feria ArteClasica 08, Taller EL KIEBRE, Bs. As, Argentine
“Cuatro artistas argentinos” Galería de Arte Joaquín González,
Madrid, Espagne.
2009- Exposición junto a cuatro artistas alemanes en Kunstladen 101,
Hamburg, Allemagne (C).
Feria ArteClasica 09, Taller EL KIEBRE, Bs. As, Argentine
TEXTES CRITIQUES
SERGIO MOSCONA
Il n’est pas besoin de faire preuve de beaucoup de sagacité pour dire que les tableaux de Moscona sont toujours habités. Mais qu’est-ce qui occupe ces espaces ? Qui vit sur ces terres ? Voilà qui est moins évident. Pour ma part, je suggère : pas tout à fait des hommes, pas tout à fait des bêtes, pas tout à fait des choses ; ni un, ni plusieurs ; plutôt un enchevêtrement de lignes (de forces) assumant les diverses configurations d’où surgissent ses figures. Ainsi, chaque personnage est un peu homme, un peu bête, un peu chose ; à la fois un et plusieurs. Masque passager, pli instable et momentané, improbable et confus d’une multiplicité de traits en tension. Jamais de point de départ sans équivoque, jamais une identité cartésienne, claire et distincte. Jamais un individu cuirassé dans ses certitudes.
Ainsi ses œuvres inquiètent. En elles s’accomplit de façon portègne (1), la prophétie nietzschéenne : avec Dieu, c’est l’Homme qui meurt. Sergio Moscona dépeint les monstres que nous sommes : nœuds opaques d’instincts, pulsions, représentations et organes, pensées perverses et affects misérables. Je vois dans la figure du monstre l’un des fils conducteurs qui relie ses différents travaux.
Et pourtant dans ses œuvres l’humain n’en finit pas de dépérir. Comment résiste-t-il à son imminente dissolution ? Non plus comme raison pure fièrement auto-revendiquée, mais en tant que caresse. Les bas-fonds sinistres et confus reflètent ça et là une certaine tendresse. Dans leur dérive, ces êtres se soutiennent mutuellement. Ils « sont à plusieurs ». Et cela, non pas malgré leur monstruosité, mais précisément en vertu de cette insuffisance, de cette difformité, de cette porosité, de cette instabilité propre aux monstres qu’ils sont.
Manuel MAUER
Les cirques de Sergio Moscona
À première vue, l’oeuvre de Sergio Moscona (Buenos Aires, 1979) pourrait laisser croire à une nouvelle manifestation figurative néo-expressionniste – de grande qualité – qui s’épanouit dans le plaisir visuel issu d’une plateforme anti-esthétique. Mais un regard plus attentif révèle, au delà, des implications qui transcendent le plaisir purement formel, le déploiement du langage employé, en main de cet artiste, dépasse la grammaire du style pour devenir outil au service du discours qui s’articule.
Comme chez d’autres artistes Argentins, travailler avec ce langage implique une référence au mouvement Otra Figuración, qui pendant les années soixante du siècle dernier s’est développé dans toute la région, laissant des traces encore palpables. Moscona ne renie pas l’importance de cette génération et sa décision de tracer un parallèle, de lancer un clin d’œil à ses prédécesseurs, peut se lire comme un hommage à la tradition picturale de son pays d’origine ; ce qui présuppose indéniablement son inscription dans cette tradition dont il élargit la portée à travers son œuvre. Cette récupération de langages artistiques du passé qui ont déjà connu plusieurs renaissances, reste une appropriation adaptée à ses fins, dans la mesure où elle s’accorde bien avec le contexte au sein duquel naît son œuvre, à une époque où, en Argentine, éclate la crise.
Ceux qui critiquaient l’art néo-expressionniste qui apparut sous différentes latitudes du globe aux débuts des années quatre-vingt, l’accusaient du manque de signification politique ou sociale, privilégiant l’aspect commercial. Il est évident qu’à l’inverse, Moscona part de paramètres analytiques de la société, sans pour autant se priver du plaisir que suscite la représentation et la séduction visuelle.
L’aberration et la déformation de la figure transcendent ici le gribouillage fortuit et impulsif, ou la réflexion ontologique, secouant la banalité que tout cela supposerait si l’artiste n’investissait pas ses gestes d’une intention. On perçoit dans ce cas une sorte d’engagement de l’auteur qui se révolte contre la pourriture qui ronge le tissu social de nos sociétés. Les sujets abordés font allusion à la décomposition morale et au cannibalisme dans lesquels s’enfonce progressivement le prétendu animal rationnel ; voilà en quoi son langage plastique est approprié. Avec celui-ci il fait l’apologie de la laideur, secouant les spectateurs et exigeant une confrontation avec l’insolente réalité, qui, présente partout dans notre quotidien, ne parvient plus à heurter nos consciences. Les titres et les légendes qu’il inscrit souvent dans ses œuvres exhalent une ironie et une mordacité qui rappellent le travail magistral de Goya dans ses Caprichos.
Sa vengeance personnelle, sa réponse à l’hypocrisie du système, il la construit à partir de la ligne. Nous déduisons de ses esquisses l’importance du dessin dans l’ensemble de son œuvre. Il y règne une certaine confusion, un chaos dans la composition et un trait nerveux qui dans ses peintures s’ordonne grâce à des plans de couleur succincts et géométriques. Ils configurent des espaces élémentaires, qui accueillent à leur tour les intrigues au sein desquelles sont disposés ses personnages. L’agencement de l’espace atteint dans certaines toiles un degré majeur d’expérimentation, dans un jeu avec le support qui défie la traditionnelle double dimension du tableau.
Moscona souligne la composante réflexive de son propre travail : « J’essaye de rester aussi honnête que possible, ce qui signifie que je me laisse traverser, je me laisse émouvoir pour, ensuite, pouvoir offrir une réaction en échange. Je ne crois pas à l’art comme catharsis, quoique je sache qu’à travers celui-ci beaucoup de choses peuvent être canalisées. Mais ce travail ne peut pas être dissocié d’une certaine connaissance, d’une certaine maîtrise des ressources et des possibilités ». J’entends ces mots comme l’expression d’un engagement sérieux tant dans son œuvre que dans ce qu’elle transmet.
La peinture de Moscona peut être comprise comme ce que Donald Kuspit a appelé un « acte d’agression », acte qui comporte ici une attitude revendicatrice. Il s’agit du témoignage d’un moment historique, traduit en métaphores circonstanciées par les responsables de la situation de son pays. On peut y voir une prise de position face aux absurdités du système politique et social qui déborde le cadre du territoire argentin pour devenir le reflet d’une problématique continentale.
Dans la série intitulée Cada uno en su propio circo (À chacun son cirque), Moscona met à nu la stupidité humaine et montre sans ambages son visage sordide, ses personnages pathétiques et leur danse macabre. Malgré sa jeunesse, cet artiste fait preuve de maturité. Bien que les images de ses autres séries ne soient pas reproduites ici – telles que ses Construcciones (2002-2003) – soulignons sa capacité à aborder les mêmes préoccupations de façons différentes, faisant preuve, enfin, d’une grande diversité.
Rodolfo KRONFLE CHAMBERS (Traduit de l’espagnol)
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" Companeros de Tormenta "
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